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mercredi 7 décembre 2011

Eyes Wide Shut

Ce film est pour moi le meilleur souvenir de Kubrick. Ce film est parfait. Le choix des acteurs principaux y fait beaucoup, Nicole Kidman et Tom Cruise, le couple à l'écran comme à la ville. C'est un réel de stars qui entre dans la fiction... La boucle est bouclée. C'est presque comme si le film se rejouait à l'intérieur du film. Car finalement le drame que traversent Alice et William n'est jamais notre drame. D'ailleurs le sujet n'est pas tant le couple que forment Alice et William, le vrai sujet du film c'est le labyrinthe aveugle de l'esprit, l'aveuglement de la passion. Toute cette passion au sens religieux du terme s'opère là sous nos yeux ébahis. Je vais employer volontairement un terme qui va certainement choquer, mais je trouve qu'Eyes Wide Shut est un film hermétique au spectateur (dans ce contexte il ne peut y avoir de meilleur compliment que je puisse faire). C'est un drame lisse un peu comme la boule à neige qui vient d'être secouée et dans laquelle nous regardons tomber les flocons. Kubrick, ni ne salit, ni ne dénonce, il montre simplement. Dans Eyes Wide Shut je n'ai également pu m'empêcher de ressentir une sorte de peur pour l'infini, l'incomplétude. Je me rends bien compte combien ces mots "peur de l'infini" sont à entendre au sens propre comme au sens figuré car contrairement à ce que la production annoncait lors de la sortie du film en salle, le maître aurait peut-être et certainement continué à travailler son montage s'il n'avait pas eu la mauvaise idée de mourir au bon moment. Mais l'infini nous n'avons aucune emprise dessus...

samedi 12 novembre 2011

Breaking Bad Saisons 1 & 2

Breaking Bad souffre un peu du lot de toutes les séries, c'est à dire de diluer le temps pour arriver à produire un maximum d'épisodes avec parfois peu d'éléments scénaristiques majeurs... Seulement Breaking Bad reste une bonne série parce qu'elle réussi à mêler le pathétique dégoulinant (on est parfois pas loin de la petite maison dans la prairie quand même), de l'humour décalé, de la violence, du glamour, et tout celà est visuellement très excitant. Le rapport entre les deux personnages principaux Jesse et Walt est assez ambigu et l'un ne peut pas s'émanciper sans l'autre... Un message moral passe souvent dans ces moments là même si afin de toucher un large public la valeur énoncée est simple et n'est pas transgressive : "La drogue c'est mal". Ainsi toutes leurs actions semblent vouées à l'échec... J'aime le personnage de Jesse qui à sa manière n'est pas plus humain que Walt. Sans scrupules quand ses intérêts personnels sont mis en cause, il est un monstre. À cause de son look aussi qui véhicule un message. Ses vêtements arborent toujours une tête de mort, ils défient le temps et Jesse lui prend tout son temps comme pour rappeler que devant la mort nous restons tous démunis. À ce titre il faut donc profiter de l'instant présent. Il défie aussi la maladie de son professeur qui justement lui n'a pas le temps. Walt est un mauvais professeur qui ne sait pas éveiller l'intérêt de ses élèves, il est totalement absorbé par sa science qui l'empêche de jouer son rôle social, il est un loser tout comme Jesse. Le cancer est donc pour lui presqu'une bénédiction car il va lui permettre de se réaliser autrement mais finalement par manque de discernement il va perdre femme et enfants et devenir un paria. Il perd sa famille puisqu'il est trop préoccupé par sa production de meth et ne comprend pas les enjeux qui se trament autour de lui. Walt est un vrai monstre calculateur, il a la tête froide quand il s'agit de gérer ses affaires, c'est lui qui recrute l'avocat, c'est lui qui organise les labos clandestins. Les rôles de Walt et de Jesse se rejoignent petit à petit pour s'inverser, Walt est tout à coup voué à l'isolement, il est pris à son propre piège comme pour rappeler encore une fois le même message "La drogue c'est mal".

vendredi 9 septembre 2011

années chromos


C'est écoutant doucement The Cure chanter Close To Me qui me rappelle à l'époque quand à tout moment, mes amis et moi, traînions les rues vêtus de nos vestes de survêtement rétro. Ce battement adolescent m'intronisait dans le monde des responsabilités des grandes personnes (si lointain parfois lorsqu'on est enfant) et avec débutait une liberté à jamais acquise. De cette période de contestation brûlante, vibrante au son de quelques accords de guitare bien trouvés sur des étendues ensoleillées résonnent encore quelques chansons, emblématiques de la pop culture. Des chansons qui collent à la peau comme les papiers d'emballage des sucettes de France. Des chansons "peu de choses", comme Mon Amie La Rose de Françoise Hardy...

mercredi 15 juin 2011

A Forest

Malgré sa brièveté, la carrière de Joy Division a profondément marqué l’évolution du rock anglais. Quelle que soit l'étiquette retenue ce groupe est une influence majeure des musiques qui marquèrent les années 80. The Cure avec le single A forest, sorti en 1980, leur conserve cette économie minimale. Son extrême, A forest retient ces arêtes vives qui ont fait de Joy Division le groupe défricheur de nouveaux territoires. Loin des clichés d'un gothique ridicule et cabotin.

dimanche 6 septembre 2009

Des microsillons dans l'eau

Walt Disney avait prévu de l'utiliser pour une séquence de son dessin animé Fantasia (1940). La séquence a finalement été retirée avant d'être terminée, en raison de la durée du film.

vendredi 4 juillet 2008

Mind Over Manga

Artwork : Nizo Yamamoto

samedi 28 juin 2008

Queer As Folk

Non personne ne m’a jamais… Plongez dans l’esprit souffrant d’un escort boy, vous n’existez plus... Salope(s), c’est un prostitué, Brad, Kevin, Steve, Brian... Le héros, une pute mytho prête à mourir contre de l’argent, un jeune homme déconnecté de la vie, consciemment fou et qui vit dans une bulle d’illusions. Sa vie il l’a perdue en compagnie des drogues et de la dépression. Brian, lui, assure la coordination de cette descente aux enfers en vendant ses services d'escort sur internet. L'artifce intelligent du récit est d'être construit dans une dialectique de posts, d'e-mail, de fax qui donne lieu à une conversation abstraite créant ainsi le mythe autour du personnage, Brad, Kevin, Steve, Brian... Au fond peu importe, ce qui compte c'est l’exploit de la jouissance sexuelle vécue par un maniaco-dépressif, c'est toute cette violence au service d'un éros de douleur. Un ouvrage contemporain... Non personne ne m’a jamais aimé. Tu te rappelles comment ça s’est terminé…

☺
SALOPES par DENNIS COOPER, éditions P.O.L, 2007

samedi 26 avril 2008

Pornostar

Wonder Bread and Ecstasy (1996), biographie de l'acteur américain Joey Stefano.

Big Bang (Falcon, 1990), Buddy System II (Vivid, 1989), More of a Man (All World, 1991), autant de films qui ne vous disent rien sinon peut-être vaguement le nom de Falcon, nom du studio des studios de production des films pour adultes gay.

Bouleversant l'écosystème parfois déroutant de l'industrie pornographique gay Nicholas Anthony Iacona Jr aka Joey Stefano tourne énormément de films dans plusieurs studios spécialisés au cours des années 80 et prouve en revalorisant le rôle du "bottom" que les "stars" ne sont pas obligatoirement des "top" (le fétichisme du "top" nourrissant dans les 80's un sentiment de puissance, de "prédateur" et le "bottom" étant toujours placé dans le rôle de la "proie"). Homme fatale, désinvolte, aguicheur, il attire le regard de Madonna, qui l'engage parmi les figurants de son livre SEX en 1992. Séropositif, Joey Stefano meurt d'une overdose de drogues dures à l'âge de 26 ans.

Cette biographie sera traduite en français La Manne et l'extase, grâce à Guillaume Dustan. Une pièce de théâtre lui est aussi consacrée. L'association Aid for AIDS a créé un fond qui porte son nom, pour venir en aide aux acteurs de films pour adultes gay atteints du sida.

dimanche 17 février 2008

A LINK TO THE PAST

Menacé par une force maléfique, l'univers de Vision, sera-t-il encore ? Qui est Kee-Keema ? Qui est Kattsu ? Qui est Meena ? Qui est Jozo ? Quatre rencontres pour permettre à Wataru d'accomplir son parcours initiatique et sauver Vision.

samedi 9 février 2008

L'horreur “en direct”

On imagine son squelette, son alimentation, sa façon de marcher. On imagine l’inimaginable mais rien pour l’arrêter. Atmosphérique, caméscope et caméra à l'épaule parmi des adolescents dans une party de Manhattan. La fête est perturbée par de gigantesques explosions. Le mal intervient, désoriente, frappant et confus. Une force mystérieuse s'apprête à attaquer New-York...

vendredi 18 janvier 2008

L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

Brad Pitt versus Casey Affleck, Jesse James amnésique, prisonnier, manipulé, versus Robert Ford innocent, incontrôlable, manipulé... Un tandem d'acteurs flamboyant pour illustrer le revers du mythe américain

Brad Pitt a été lauréat du prix d'interprétation masculine à la Mostra de Venise 2007

Un chef d'œuvre d'interprétation

Celui par qui le scandale arrive, retrace la quête identitaire d'un fils fuyant un passé qui ne peut donner à voir, ni à être vu : la venue au monde d’un bâtard et son abandon au profit des conventions sociales. Le fils d'un riche propriétaire texan en fuyant un climat familial opressant dont la figure du patriarche n'est autre que Robert Mitchum, qui lui fait horreur, reproduit involontairement le schéma auquel il souhaite échapper. Dans un mélange de familier et de surnaturel, George Hamilton devient à son tour, Celui par qui le scandale arrive.

Technicolor

Le tournage dans la jungle d'Afrique centrale, au milieu de rapides, de marais, de sangsues, de moustiques, d'alligators, de boues et d'herbes folles causa de nombreuses difficultés aux acteurs et à l'équipe de tournage. Le film sort en 1951 et reçoit un succès certain auprès de la critique et du public. The African Queen c'est avant tout la rencontre de deux acteurs mythiques, Katharine Hepburn et Humphrey Bogart et le charme désuet de la couleur des années 50...

jeudi 17 janvier 2008

TITLE (du cinéma, du film, du lieu illusionniste)

Dans sa posture critique par rapport au mur de façon très simple il agit tel le peintre qui repeint les murs d'une pièce, il crée un jeu spatial avec la profondeur. C'est dans cette littéralité à l'objet peinture que cet espace de projection à la suite incluse, construit une représentation où des éléments, des personnages, des actions s'agencent dans une dimension spatiale, dans un lexique, dans une grammaire. À la manière de l'histoire de l'art et de l'histoire de l'architecture, le cinéma est dans la singularité de l'expérience.

"La photographie, c'est la vérité et le cinéma, c'est la vérité vingt-quatre fois par seconde." Le Petit Soldat de Jean-Luc Godard